JUSTICE AU TÉLÉPHONE, EMPIRE DU SOUCHET ET VERDICTS BRADEUR : LES COULISSES SECRÈTES DE « CHIKOURA », LA JUGE LA PLUS PUISSANTE ET ENRICHI D’ALGÉRIE !
C’est un pavé dans la mare qui s’apprête à faire trembler les fondations mêmes de l’édifice judiciaire algérien. Derrière les portes capitonnées de la 10e chambre pénale de la cour d’Alger se cache un secret de polichinelle que tout le monde murmure mais que personne n’osait étaler au grand jour. Jusqu’à aujourd’hui. Son nom ? Naima Dahmani. Pour le grand public, elle est le visage inflexible des grands procès politiques récents. Mais dans les couloirs sombres de la prison d’El-Harrach, on l’appelle d’un tout autre nom, un surnom qui claque comme un défi à l’État de droit : « Chikoura » — l’intouchable, la marraine, la puissante patronne.
Une enquête exclusive, basée sur des révélations fracassantes et des investigations poussées sur la « justice du téléphone », met en lumière les rouages d’un empire occulte de la corruption. Entre verdicts falsifiés, enveloppes de billets dissimulées et un réseau de rabatteurs digne des plus grands syndicats du crime, plongée exclusive au cœur d’un scandale d’État sans précédent qui brasse des milliards de centimes au mépris le plus total de la présomption d’innocence.
Chapitre I : De l’ombre à la lumière, la naissance d’un monstre sacré

Pendant des décennies, Naima Dahmani a su cultiver une discrétion absolue. Âgée aujourd’hui d’un peu moins de soixante ans, originaire de Batna mais souvent surnommée mystérieusement « Wahrania », elle a gravi un à un les échelons de l’appareil judiciaire algérien. Des tribunaux de première instance de Sidi M’Hamed, Chéraga (où elle s’est fait remarquer entre 2010 et 2014), en passant par les cours de Tipaza et de Boumerdès, elle a patiemment tissé sa toile avant sa promotion suprême en 2022 à la cour d’Alger, la juridiction la plus stratégique et névralgique du pays.
Mais c’est à partir de l’été 2025 que son nom s’est gravé dans la mémoire collective. C’est elle qui hérite du dossier hautement explosif de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Lors d’un procès en appel qualifié par les observateurs de « rencontre du troisième type » ou de dialogue digne d’un film de science-fiction, la juge Dahmani a transformé l’audience en un tribunal d’inquisition contre la liberté d’expression et la littérature.
« Vous n’avez pas d’autre chose à écrire que de dire du mal de l’Algérie ? » avait-elle apostrophé l’auteur. Ce à quoi Sansal avait rétorqué avec force : « Vous n’avez pas à juger mes livres, vous n’êtes qu’une juge, je suis libre d’écrire ce que je veux. » Condamnant l’écrivain à cinq ans de prison ferme sur la base d’un dossier vide — de simples échanges WhatsApp privés avec des diplomates français —, elle s’est imposée comme le bras armé infaillible du pouvoir exécutif.
Quelques semaines plus tard, elle récidivait en dirigeant le procès de Saïda Neghza et des candidats malheureux aux élections présidentielles. C’est elle encore qui ordonna l’incarcération immédiate et le placement sous mandat de dépôt de la femme d’affaires alors même que celle-ci venait de faire un malaise en pleine salle d’audience, provoquant un immense choc dans l’opinion publique. Par ces actes d’une sévérité implacable, Dahmani a prouvé sa totale loyauté au système. Une loyauté qui, comme nous allons le voir, lui servait de couverture idéale pour mener des activités beaucoup plus lucratives à l’abri des regards.
Chapitre II : Le « Système Dahmani » ou la tarification de la liberté
Car derrière la façade de la juge inflexible se cache, selon des sources concordantes et des informations internes recoupées, une redoutable femme d’affaires du droit. Le fonctionnement de l’empire Dahmani repose sur une dualité machiavélique et parfaitement huilée :
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Les affaires « télécommandées » : Lorsqu’un dossier arrive sur son bureau avec une « talima » (une instruction politique directe) en provenance du cabinet de la présidence de la République — autrefois géré par le puissant Boualem Boualem, le cerveau judiciaire du régime —, Naima Dahmani s’exécute sans ciller. Le verdict lui est, pour ainsi dire, dicté à l’avance. Dans ces cas précis, aucune négociation n’est possible, aucun pot-de-vin n’est accepté. Le détenu est sacrifié sur l’autel de la raison d’État.
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Les affaires « libres » : En l’absence d’instructions d’Alger, la machine commerciale se met en branle. Et c’est là que le génie criminel de son entourage éclate.
Au centre de ce dispositif de corruption systémique se trouve son époux, Farid Dahmani. Cet ancien inspecteur de la police nationale (DGSN) à la retraite utilise son expertise et ses anciens réseaux pour orchestrer les transactions financières à l’extérieur, sans que le nom de la juge ne soit jamais directement prononcé. Pour ce faire, il utilise un faux prénom d’emprunt, « Rachid », et s’appuie sur une équipe de rabatteurs professionnels.
Les deux piliers de ce réseau de recrutement de « clients » fortunés sont deux frères : Yazid et Jamel Oudjani. Ce dernier, ayant lui-même purgé une peine à la prison d’El-Harrach, connaît les moindres recoins et les détenus les plus riches du centre de détention provisoire. Leur mission ? Identifier les prisonniers VIP — hommes d’affaires véreux, barons de la drogue, auteurs de délits financiers majeurs ou de trafic d’influence — qui ont les moyens de s’offrir les services de la 10e chambre pénale.
Chapitre III : « Un sac de ciment » pour un verdict : le protocole secret
Une fois la cible fortunée identifiée à la fin de son procès de première instance, le protocole secret de l’organisation s’enclenche selon des étapes d’une précision chirurgicale :
Étape 1 : Le piratage de l’agenda judiciaire
Pour que l’affaire puisse être jugée par Naima Dahmani, il faut d’abord s’assurer que le dossier atterrisse exclusivement à la 10e chambre pénale de la cour d’Alger lors du passage en appel. C’est ici qu’intervient une greffière complice, membre active du réseau. Pour une somme oscillant entre 40 et 50 millions de centimes (environ 2 000 à 2 500 euros selon le marché parallèle), cette employée utilise ses codes d’accès au système informatique interne de la cour pour manipuler le calendrier et programmer l’audience chez la bonne magistrate.
Étape 2 : La négociation de la « Chipa »
Une fois la programmation garantie, les proches du détenu entrent en contact avec le mari de la juge. Les tarifs sont exorbitants et varient selon la gravité des faits et la fortune du client : généralement entre 1 milliard et 1,5 milliard de centimes de dinars (entre 50 000 et 70 000 euros par dossier). Un premier versement de 80 à 90 % de la somme est exigé en espèces, livré discrètement dans des sacs de sport ou des enveloppes volumineuses.
Étape 3 : Le suspense des 48 heures et le code secret

Pourquoi le mari ne prend-il pas l’intégralité de la somme immédiatement ? Parce que Naima Dahmani est prudente. Elle doit s’assurer jusqu’au dernier moment que le pouvoir politique ne va pas s’immiscer dans le dossier. Les audiences ont généralement lieu le mardi, et les verdicts sont rendus deux semaines plus tard. Le dimanche précédant le verdict, la juge attend la fin de la journée. Si aucun coup de téléphone de la présidence n’est tombé, elle considère qu’elle a « les mains libres ».
C’est alors que le signal final est donné. L’intermédiaire recontacte la famille du détenu et prononce une phrase codée bien précise : « Bon mardi, préparez votre sac de ciment. » Le « sac de ciment » est le feu vert absolu. Il signifie que l’accord est conclu et que le prisonnier sera libéré dans les heures qui suivent l’audience. Les 10 % restants du pot-de-vin sont alors versés dans la foulée.
Chapitre IV : L’art du faux-semblant et la fortune insolente
Mais comment libérer des criminels financiers ou des trafiquants de drogue sans attirer les soupçons de l’inspection générale de la justice ou des autres magistrats ? C’est là que réside toute l’astuce de la juge Dahmani. Elle ne prononce jamais l’innocence ou la relaxe. Le détenu reste coupable aux yeux de la loi, ce qui permet de sauver les apparences.
La technique est d’une simplicité redoutable : si un individu est condamné en première instance à six ou sept ans de prison ferme et qu’il a déjà effectué deux ans de détention provisoire, Naima Dahmani recalcule la peine lors du procès en appel. Elle le condamne exactement à deux ans de prison ferme — couvrant ainsi la période déjà passée derrière les barreaux — et assortit le reste de la peine de sursis. Le détenu sort ainsi par la grande porte le soir même, retrouve sa famille, tandis que la juge peut arguer d’une application stricte et individualisée de la peine.
Ce commerce de la liberté s’avère d’une rentabilité colossale. Selon des estimations basées sur une moyenne de vingt à trente dossiers ainsi « traités » par an, le couple Dahmani engrangerait plus de 30 milliards de centimes par an, soit l’équivalent de plus d’un million d’euros annuels. Une fortune insolente et un patrimoine colossal de biens immobiliers et d’avoirs financiers que ni le modeste salaire d’une magistrate, ni la pension de retraite d’un ancien inspecteur de police ne parviendront jamais à justifier.
Épilogue : L’ironie du sort et l’appel à la justice
Aujourd’hui, le vent tourne à Alger. Depuis l’éviction récente de son protecteur au sein de la présidence, l’influence de la « Chikoura » vacille. Prise de panique face aux risques de retournement de situation, nos sources révèlent que Naima Dahmani aurait entamé des démarches pour demander une retraite anticipée sous prétexte de raisons médicales. Son objectif secret ? Quitter définitivement l’Algérie pour s’installer… en France, pays où elle posséderait déjà plusieurs biens et où réside une partie de sa famille.
Quelle ironie cuisante pour celle qui a condamné Boualem Sansal au nom du patriotisme et de la lutte contre les « lobbies français », de voir son propre avenir s’écrire sur l’autre rive de la Méditerranée, financé par l’argent de la corruption nationale.
Face à la gravité de ces révélations, le défi est désormais lancé aux autorités algériennes et à l’inspection générale du ministère de la Justice. Auront-ils le courage de diligenter une enquête approfondie sur l’entourage immédiat de Naima Dahmani et de percer le mystère de ses milliards ? Rien n’est moins sûr dans un système qui préfère trop souvent fermer les yeux sur la prévarication de ses juges pour mieux les utiliser comme des armes de répression massive contre les voix dissidentes. Mais le dossier est désormais public, et le peuple algérien regarde.
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